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République Centrafricaine : anatomie d’un État fantôme



La violence et la corruption ont fait de la République Centrafricaine (RCA) un État fantôme, mais les nouvelles forces de l’Union européenne et des Nations unies, qui ont pour objectif de contenir tout débordement de la crise du Darfour, pourraient aider le pays à sortir de cette crise prolongée.

" République centrafricaine : autopsie d’un État fantôme, " le dernier rapport de l’International Crisis Group, examine la crise humanitaire et institutionnelle que traverse le pays et analyse comment les forces récemment approuvées de l’Union européenne et des Nations unies (EUFOR et MINURCAT) pourraient aider à relancer cet État actuellement en faillite.

Ce pays de 4,2 millions d’habitants, à peu près de la taille de la France, manque d’institutions fonctionnelles et est ravagé par les insurrections et la corruption. La France a lancé l’initiative du déploiement de forces de maintien de la paix de l’Union européenne dans la région du nord-est. Si elles font bon usage des atouts de Paris sans servir de couverture internationale pour sa continuelle domination, elles pourraient faire progresser le processus de réformes indispensable à la RCA.

« Une succession de mutineries et de rebellions a produit un état de crise permanent », explique Daniela Kroslak, Directrice de la recherche en Afrique pour Crisis Group. « Pour l’instant, les forces étrangères contiennent la violence dans la capitale, mais le nord vit dans le dénuement et la misère. »

Le gouvernement de la RCA n’a connu sa première légitimité populaire qu’en 1993, à l’issue d’élections libres. Depuis, cependant, le pays a plongé dans une guerre civile et le gouvernement a perdu le contrôle de la situation. La corruption permet aux dirigeants de la RCA de prospérer et la répression leur assure l’impunité. François Bozizé a été installé au pouvoir par la France et le Tchad en 2003, mais a suscité un état de rébellion permanente aux conséquences humanitaires désastreuses. Depuis l’été 2005, l’armée, et plus particulièrement la garde présidentielle, a commis des exactions à grande échelle – au moins 100 000 personnes ont fui dans les forêts, et des centaines de civils ont été exécutés.

L’EUFOR porte un lourd fardeau post-colonial. La France, ancienne métropole, est à la fois la mieux et la moins bien placée pour intervenir. La moins bien placée au regard de son passé d’ingérence depuis l’indépendance ; la mieux placée parce que la seule à avoir la volonté et les moyens d’agir. Puisque Paris va continuer à fournir la plupart des forces de l’EUFOR, le nouvel arrangement est largement perçu comme un simple changement d’écussons et de casques pour donner à l’intervention des militaires français une plus grande légitimité internationale. Néanmoins, l’EUFOR pourrait apporter une importante contribution si elle fait aboutir la refonte de l’armée et si elle est coordonnée avec une stratégie globale pour sortir le pays du bourbier politique, économique et sécuritaire dans lequel il se trouve.

« Ce pourrait être la dernière chance pour la RCA de sortir de son état de fantôme avant que la moindre prétention d’indépendance et de souveraineté ne disparaisse dans le cercle vicieux de la faillite de l’État, des violences et de la paupérisation dont le pays est prisonnier », prévient François Grignon, Directeur du Programme Afrique de Crisis Group.

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—— International Crisis Group